Les 10 infractions les plus sanctionnées
par la CB-UMOA en 2024–2025

Analyse exhaustive des décisions publiées — sessions 139e à 151e · Montants réels · Typologies d'infractions · Ce que les inspecteurs cherchent vraiment
Source : Commission Bancaire de l'UMOA — cb-umoa.org · BCEAO — bceao.int (communiqués de presse officiels)  |  Période couverte : mars 2024 – décembre 2025 (sessions 139e à 151e)  |  Publié : Avril 2026
Données 100 % officielles — anonymisation conforme à la réglementation. Toutes les sanctions analysées dans cet article ont été publiées officiellement sur le site de la Commission Bancaire de l'UMOA (cb-umoa.org) et sur le site de la BCEAO (bceao.int). La CB-UMOA publie ses décisions de manière anonyme (pays indiqué, établissement non nommé) conformément à la Circulaire n° 001-2018/CB/C du 20 juin 2018 relative aux modalités de publication des sanctions. REGAFRIK respecte strictement cette anonymisation — aucun nom d'établissement n'est mentionné dans cet article.
30+ Sanctions publiées (mars 2024 – déc. 2025)
100% Des sanctions incluent LBC/FT/FP comme motif
300M FCFA — amende maximale constatée
8 Types d'établissements sanctionnés (banques, EME, dirigeants)

1. Chronologie des sanctions publiées — sessions 139e à 151e

La Commission Bancaire se réunit en sessions du Collège de Supervision environ toutes les 6 à 8 semaines. Les sanctions disciplinaires et pécuniaires sont publiées sur cb-umoa.org et bceao.int. Voici l'intégralité des décisions publiées sur la période couverte.

139e SESSION 22 mars 2024 4 sanctions publiées
INTERDICTION 10 ANS
Dirigeant — UMOA
Interdiction de diriger, d'administrer ou de gérer un établissement soumis au contrôle de la CB-UMOA pendant 10 ans. Motif : plusieurs actes anormaux de gestion impliquant le dirigeant, ayant eu pour effet l'attribution à son profit de sommes d'argent et d'avantages indus au détriment de l'institution.
Pas d'amende publiée — sanction disciplinaire seule
BLÂME
Banque — Togo
Non-respect des exigences des Autorités monétaire et de contrôle visant le renforcement des fonds propres pour mise en conformité avec les normes prudentielles à fin juin 2022. Faiblesses dans la gestion et infractions LBC/FT.
BLÂME
Banque — Sénégal (#1)
Faiblesses sur la gouvernance, gestion des risques, situation financière et prudentielle, et dispositif LBC/FT.
BLÂME
Banque — Sénégal (#2)
Manquements relevés exclusivement sur le dispositif LBC/FT.
140e/141e SESSION 8 juillet 2024 2 sanctions publiées
BLÂME
Banque — Sénégal
Faiblesses identifiées sur la gouvernance, gestion des risques et dispositif LBC/FT.
Amende publiée — montant non précisé dans le communiqué public
INTERDICTION DG
Directeur Général — Sénégal
Sanction nominative du DG de la même banque — interdiction de diriger un établissement assujetti.
142e SESSION 23 septembre 2024 — Bissau 2 sanctions publiées
RETRAIT D'AGRÉMENT
Établissement de monnaie électronique — Côte d'Ivoire (Africa Digital Finance — ADF)
Faiblesses identifiées sur la gouvernance, émission et distribution de monnaie électronique, système d'information, comptabilité, protection des clients et dispositif LBC/FT. Seule sanction nommément publiée de la période — le retrait d'agrément rend la publication nominative obligatoire.
BLÂME
Banque — Burkina Faso
Faiblesses sur la gouvernance, gestion des risques et dispositif prudentiel.
143e SESSION 12 novembre 2024 3 sanctions publiées
BLÂME
Banque — Bénin
Faiblesses aux plans prudentiel, gouvernance, gestion des risques et dispositif LBC/FT.
AVERTISSEMENT
Établissement de monnaie électronique — Sénégal
Faiblesses aux plans prudentiel, gouvernance, émission et distribution de monnaie électronique et dispositif LBC/FT.
BLÂME
Banque — Burkina Faso
Faiblesses aux plans prudentiel, gouvernance, gestion des risques et dispositif LBC/FT.
144e/145e SESSION 16 décembre 2024 2 sanctions publiées
BLÂME
Banque — Sénégal
Faiblesses sur la gouvernance, gestion des risques et dispositif LBC/FT.
AVERTISSEMENT
Établissement de monnaie électronique — Bénin
Faiblesses aux plans prudentiel, gouvernance, émission et distribution de monnaie électronique, et dispositif LBC/FT.
146e SESSION 20–21 mars 2025 4 sanctions publiées
BLÂME
Banque — Burkina Faso (#1)
Faiblesses au niveau de la gouvernance et gestion des risques.
Amende — catégories 2e et 3e Instruction 006-05-2018
AVERTISSEMENT
Banque — Burkina Faso (#2)
Faiblesses sur le dispositif LBC/FT uniquement — cas rare où le LBC/FT est le seul motif.
Amende — catégories 2e et 3e
BLÂME
Banque — Côte d'Ivoire
Faiblesses au niveau de la gouvernance, gestion des risques et dispositif LBC/FT.
Amende — catégories 2e et 3e
AVERTISSEMENT
Établissement de monnaie électronique — Sénégal
Faiblesses sur la gouvernance, gestion des risques, normes prudentielles et dispositif LBC/FT.
147e SESSION 25–26 juin 2025 5 sanctions publiées
BLÂME
Banque — Bénin
Faiblesses sur la gouvernance, gestion des risques et dispositif LBC/FT/FP.
300 000 000 FCFA — catégories 2e et 3e
AVERTISSEMENT
Banque — Burkina Faso
Faiblesses sur la gouvernance, gestion des risques et dispositif LBC/FT/FP.
151 000 000 FCFA — catégories 2e et 3e
BLÂME
Banque — Niger
Faiblesses sur la gouvernance, gestion des risques et dispositif LBC/FT/FP.
300 000 000 FCFA — catégories 2e et 3e
AVERTISSEMENT
Banque — Sénégal
Faiblesses sur la gouvernance, gestion des risques de crédit et opérationnel, et dispositif LBC/FT/FP.
Amende — catégories 2e et 3e
BLÂME
Banque — Niger (2e sanction session 147)
Faiblesses sur la gouvernance, gestion des risques et dispositif LBC/FT/FP — seconde sanction Niger lors de la même session.
151e SESSION 16–17 décembre 2025 3 sanctions publiées
BLÂME
Banque — Côte d'Ivoire
Faiblesses sur le dispositif LBC/FT/FP uniquement — motif exclusif 3e catégorie.
151 000 000 FCFA — 3e catégorie Instruction 006-05-2018
BLÂME
Banque — Niger
Faiblesses sur la gouvernance, gestion des risques et dispositif LBC/FT/FP.
300 000 000 FCFA — catégories 2e et 3e
BLÂME
Banque — Togo
Faiblesses sur la gouvernance, gestion des risques et dispositif LBC/FT.
300 000 000 FCFA — catégories 2e et 3e

Note : Les sessions 148e, 149e et 150e ne figurent pas dans les publications disponibles sur cb-umoa.org et bceao.int au moment de la rédaction de cet article (avril 2026). La 152e session s'est tenue le 24 mars 2026 — ses sanctions n'ont pas encore été publiées.

2. Les 10 infractions les plus fréquemment sanctionnées

L'analyse des motifs de sanctions publiés entre mars 2024 et décembre 2025 fait apparaître un schéma répétitif. Voici les infractions classées par fréquence d'apparition dans les décisions officielles.

#1 Faiblesses du dispositif LBC/FT/FP 100 % des sanctions

C'est de loin l'infraction la plus systématique : 100 % des sanctions publiées sur la période mentionnent des faiblesses dans le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive. Cela ne signifie pas que chaque établissement a facilité du blanchiment — cela signifie que les procédures, les contrôles et les dispositifs de détection présentaient des lacunes documentées.

Les sous-motifs LBC/FT constatés :

  • Absence ou insuffisance du Responsable Conformité rattaché à la Direction Générale ;
  • Procédures KYC incomplètes ou non mises à jour (profils clients obsolètes) ;
  • Système de détection des opérations suspectes défaillant ou mal paramétré ;
  • Déclarations de soupçon non effectuées ou tardives ;
  • Formation insuffisante du personnel aux obligations LBC/FT ;
  • Absence de cartographie des risques LBC/FT actualisée ;
  • Absence de rapport annuel d'audit de conformité LBC/FT.
⚠️ Ce que l'inspecteur demande systématiquement : la liste des déclarations de soupçon des 12 derniers mois, le rapport annuel du Responsable Conformité, les preuves de formation du personnel, les minutes du Comité de conformité.
#2 Faiblesses de gouvernance ~80 % des sanctions

La gouvernance est citée dans 80 % des décisions. Il ne s'agit pas de corruption ou de fraude — mais de défaillances dans les structures de pilotage et de contrôle de l'établissement.

  • Absence ou faiblesse du Comité d'audit ou du Comité des risques au niveau du Conseil d'Administration ;
  • Cumul des fonctions DG/PCA (interdit depuis la loi bancaire 2023) ;
  • Reporting insuffisant du management vers le Conseil d'Administration sur les risques ;
  • Absence de charte de gouvernance formalisée et approuvée ;
  • Administrateurs ne disposant pas des qualifications requises ;
  • Absence de plans de succession pour les postes-clés.
⚠️ Ce que l'inspecteur demande : les PV des réunions du CA et des comités spécialisés sur les 2 dernières années, la charte de gouvernance, les CV et qualifications des administrateurs.
#3 Faiblesses dans la gestion des risques ~75 % des sanctions

Citée dans les trois quarts des décisions, la gestion des risques couvre un périmètre large :

  • Absence ou insuffisance de la cartographie des risques globale ;
  • Risque de crédit : insuffisance des provisions pour créances douteuses, classification incorrecte des engagements ;
  • Risque opérationnel : insuffisance du plan de continuité d'activité (PCA), failles du système d'information ;
  • Risque de marché et de liquidité : gestion insuffisante de la trésorerie, non-respect des ratios de liquidité ;
  • Absence d'une fonction de gestion des risques indépendante de la production.
⚠️ Ce que l'inspecteur demande : la cartographie des risques actualisée, le rapport de la fonction risques, les états de suivi des principaux ratios prudentiels.
#4 Non-respect des normes prudentielles ~40 % des sanctions

Citée dans 40 % des décisions, notamment pour les banques en difficulté de capitalisation et pour les EME :

  • Non-respect du ratio de solvabilité (fonds propres / actifs pondérés) — norme UMOA : 8,625 % ;
  • Non-respect du ratio de liquidité à court terme ;
  • Capital social inférieur au minimum réglementaire (particulièrement critique depuis le relèvement à 20 Mds FCFA) ;
  • Pour les EME : non-respect du cantonnement des fonds collectés, insuffisance du capital minimum.

La session 139e (mars 2024) a sanctionné une banque togolaise spécifiquement pour non-respect des exigences de renforcement des fonds propres demandées par les Autorités pour mise en conformité prudentielle à fin juin 2022 — délai largement dépassé.

⚠️ Ce que l'inspecteur demande : les états financiers certifiés des 3 derniers exercices, les calculs de ratios prudentiels, le plan de mise en conformité si les ratios ne sont pas respectés.
#5 Faiblesses spécifiques aux EME — émission et distribution de monnaie électronique Toutes les sanctions EME

Les établissements de monnaie électronique sanctionnés (au moins 4 sur la période) présentent systématiquement des faiblesses spécifiques à leur activité :

  • Non-cantonnement des fonds collectés — les fonds des clients non déposés dans un compte séquestre dédié ;
  • Défaillances dans les procédures d'identification des clients (KYC mobile money insuffisant) ;
  • Insuffisances dans la surveillance des transactions — seuils d'alerte non paramétrés ;
  • Système d'information défaillant — traçabilité insuffisante des opérations ;
  • Protection insuffisante des clients — réclamations non traitées, fonds bloqués sans recours.

Le cas le plus grave : le retrait d'agrément d'Africa Digital Finance (ADF) en Côte d'Ivoire lors de la session 142e (septembre 2024) — cumul de toutes ces faiblesses aggravées par des défaillances comptables.

⚠️ Ce que l'inspecteur demande : preuve du cantonnement des fonds clients, états du système de surveillance des transactions, politique de traitement des réclamations.
#6 Actes anormaux de gestion et avantages indus aux dirigeants Cas graves — interdiction individuelle

Moins fréquent mais avec la sanction la plus sévère : l'interdiction individuelle de diriger. La session 139e (mars 2024) a prononcé une interdiction de 10 ans contre un dirigeant pour avoir attribué à son profit des sommes d'argent et avantages indus au détriment de son institution. La session 140e/141e (juillet 2024) a sanctionné un DG au Sénégal simultanément à son établissement.

Ces infractions couvrent :

  • Attribution de rémunérations, primes ou avantages non validés par le CA ;
  • Conflits d'intérêts non déclarés dans les décisions de crédit ;
  • Opérations entre l'établissement et des sociétés liées aux dirigeants ;
  • Dépenses personnelles imputées à l'établissement.
⚠️ Ce que l'inspecteur demande : la politique de rémunération des dirigeants approuvée par le CA, les décisions de prêts à des parties liées, les déclarations de conflits d'intérêts.
#7 Faiblesses du système d'information Cas EME et banques numériques

Explicitement mentionné dans le retrait d'ADF et implicitement dans plusieurs sanctions EME, le SI bancaire est devenu un point de contrôle majeur :

  • Absence de traçabilité des opérations — impossibilité de reconstituer l'historique d'une transaction ;
  • Vulnérabilités de sécurité non corrigées ;
  • Absence de plan de continuité informatique (PCI) ;
  • Données clients non protégées ou non sauvegardées selon les exigences réglementaires ;
  • Système de détection des fraudes et des opérations anormales non opérationnel.
⚠️ Ce que l'inspecteur demande : le schéma directeur informatique, le dernier audit de sécurité du SI, le plan de continuité informatique.
#8 Situation financière dégradée — non-respect des engagements de redressement Cas de banques sous plan de restructuration

Plusieurs banques ont été sanctionnées non pas pour une infraction nouvelle, mais pour non-respect des engagements pris lors d'échanges antérieurs avec les Autorités de supervision. La sanction togolaise de mars 2024 illustre ce cas : l'établissement n'avait pas atteint les niveaux de fonds propres exigés à la date convenue (fin juin 2022), soit presque 2 ans après la date-limite.

  • Non-exécution d'un plan de recapitalisation convenu avec la CB-UMOA ;
  • Non-respect des délais d'apurement des créances en souffrance ;
  • Ratio de couverture des dépôts insuffisant malgré une injonction antérieure.
⚠️ Principe clé : un engagement pris avec la CB-UMOA a force obligatoire. Le non-respect d'un plan de redressement validé est en lui-même une infraction sanctionnable, indépendamment de la situation intrinsèque.
#9 Insuffisances en matière de protection de la clientèle EME — facteur aggravant

Mentionnée dans le retrait d'agrément d'ADF, la protection des clients est un motif de sanction en progression. Depuis la mise en place du portail e-Réclamations de la CB-UMOA, les plaintes des clients alimentent directement les dossiers d'inspection :

  • Fonds bloqués sans procédure de réclamation opérationnelle ;
  • Commissions prélevées sans base contractuelle claire ;
  • Information du client sur les tarifs insuffisante ou mensongère ;
  • Délais de traitement des réclamations non respectés.
⚠️ Ce que l'inspecteur demande : le registre des réclamations clients des 12 derniers mois, les délais de traitement, la procédure de gestion des réclamations.
#10 Faiblesses comptables EME et établissements en difficulté

Mentionnées dans le retrait d'agrément d'ADF, les faiblesses comptables constituent un signe précurseur de défaillance grave. Elles incluent :

  • Non-respect du Plan Comptable Bancaire (PCB) de l'UMOA ;
  • Absence de commissaires aux comptes ou rapport du CAC non produit ;
  • Irrégularités dans les états financiers transmis à la CB-UMOA ;
  • Écarts inexpliqués entre les comptes de la clientèle et les actifs détenus ;
  • Défaut de transmission des états périodiques dans les délais réglementaires.
⚠️ Ce que l'inspecteur demande : les états financiers certifiés, le rapport des commissaires aux comptes, les états périodiques transmis à la CB-UMOA sur les 3 derniers exercices.

3. Le barème des sanctions pécuniaires — Instruction 006-05-2018

Toutes les sanctions pécuniaires prononcées sur la période sont fondées sur l'Instruction n° 006-05-2018 du 16 mai 2018 fixant les modalités d'application des sanctions pécuniaires prononcées par la Commission Bancaire de l'UMOA. Cette instruction classe les infractions en 3 catégories :

1re catégorie
Infractions les moins graves
Montant plancher

Non constatée comme motif exclusif dans les sanctions publiées sur la période.

2e catégorie
Gouvernance + gestion des risques
~151 000 000 FCFA

Infractions à la gouvernance et à la gestion des risques. Souvent combinée avec la 3e catégorie.

3e catégorie
LBC/FT/FP
~151 à 300 000 000 FCFA

Infractions aux obligations LBC/FT/FP. Les deux montants les plus fréquents observés : 151 M FCFA (infractions 3e catégorie seule) et 300 M FCFA (cumul 2e + 3e catégories).

Deux montants récurrents observés sur la période :
  • 151 000 000 FCFA — amende prononcée pour des infractions de 3e catégorie seule (LBC/FT sans faiblesse majeure de gouvernance) — sessions 151e (CI) et 147e (Burkina avertissement)
  • 300 000 000 FCFA — amende prononcée pour cumul 2e + 3e catégories (gouvernance + LBC/FT) — sessions 151e (Niger, Togo) et 147e (Bénin, Niger)
Ces montants sont cohérents avec l'Instruction 006-05-2018. La CB-UMOA peut prononcer des montants plus élevés pour des cas de récidive ou de gravité exceptionnelle.

4. Ce que révèle cette analyse — 5 enseignements pour les compliance officers

Enseignement 1 — Le LBC/FT n'est plus un risque secondaire. Présent dans 100 % des sanctions, le LBC/FT est devenu le premier motif de sanction de la CB-UMOA. Les Nouvelles Instructions de mars 2025 (001, 002, 003-03-2025) ont encore renforcé les exigences. Tout établissement qui n'a pas formalisé son dispositif depuis mars 2025 est exposé.

Enseignement 2 — La gouvernance et le LBC/FT vont toujours ensemble. Dans 80 % des cas, les deux motifs sont cumulés. Un dispositif LBC/FT sans gouvernance solide pour le piloter sera systématiquement insuffisant aux yeux des inspecteurs.

Enseignement 3 — Les EME sont une cible prioritaire en 2024-2025. Au moins 4 EME sanctionnés sur la période, dont un retrait d'agrément. Le mobile money attire les inspecteurs car c'est là que les risques LBC/FT sont les plus élevés et les dispositifs souvent les moins matures.

Enseignement 4 — Les dirigeants sont personnellement en ligne. Deux sanctions individuelles publiées (mars 2024 et juillet 2024), dont une interdiction de 10 ans. La CB-UMOA ne se contente plus de sanctionner l'établissement — elle sanctionne aussi la personne responsable.

Enseignement 5 — Un plan de redressement non respecté = double sanction. La banque togolaise sanctionnée en mars 2024 n'avait pas respecté les engagements de renforcement des fonds propres convenus avec les Autorités depuis fin juin 2022. Le non-respect d'un engagement est une infraction en soi.