161 établissements de crédit agréés dans l'UMOA au 31 décembre 2025 :
Cartographie complète et analyse du paysage bancaire de l'Union

Source : BCEAO — Liste officielle publiée le 1er avril 2026  |  Référence : établissements de crédit agréés au 31/12/2025  |  Publié sur REGAFRIK : avril 2026
Source officielle. La Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a publié le 1er avril 2026 la liste officielle et actualisée des établissements de crédit agréés dans l'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) au 31 décembre 2025. Les données présentées dans cet article sont extraites directement de cette liste officielle. Les établissements de crédit agréés sont les personnes morales (banques ou établissements financiers à caractère bancaire) autorisées par la BCEAO à effectuer des opérations de banque à titre de profession habituelle, soumises à la réglementation bancaire uniforme UMOA et à la surveillance de la Commission Bancaire de l'UMOA.

Sommaire

  1. Les chiffres clés au 31 décembre 2025
  2. Répartition par pays — le graphique complet
  3. Analyse pays par pays — les fiches détaillées
  4. Les 22 succursales — radiographie de l'intégration bancaire régionale
  5. Le Niger : cas particulier des établissements financiers non bancaires
  6. La concentration bancaire : Côte d'Ivoire et Sénégal cumulent 41 %
  7. Au-delà des banques : le paysage financier élargi de l'UMOA
  8. Tendances et lecture analytique

1. Les chiffres clés au 31 décembre 2025

161 Établissements de crédit agréés dans 8 États membres UMOA
136 Banques dont 22 succursales
25 Établissements financiers à caractère bancaire
41% Concentrés en CI + SN 66 établissements sur 161
Catégorie Nombre total Dont succursales Dont filiales/banques locales
Banques 136 22 succursales 114 banques locales ou filiales
Établissements financiers à caractère bancaire 25 Données incluses dans le total Spécialisés dans le crédit, le leasing, les garanties...
Total établissements de crédit 161 Publiés le 1er avril 2026 sur bceao.int

Note : s'ajoutent à ce recensement, mais dans des catégories distinctes : 32 établissements bancaires d'importance systémique (EBIS) au plan national (fin décembre 2025), 20 compagnies financières, 31 établissements de paiement agréés (au 28 février 2026), et près de 300 institutions de microfinance de grande taille supervisées par la CB-UMOA.

2. Répartition par pays

Côte d'Ivoire
29 banques · 4 EFC
33 20,5 % de l'UMOA
Sénégal
29 banques · 4 EFC
33 20,5 % de l'UMOA
Burkina Faso
détail à vérifier
20 12,4 % de l'UMOA
Niger
EFC élevés vs banques
20 12,4 % · forte proportion EFC
Mali
17 établissements
17 10,6 % de l'UMOA
Togo
17 établissements
17 10,6 % de l'UMOA
Bénin
15 établissements
15 9,3 % de l'UMOA
Guinée-Bissau
6 établissements
6 3,7 % · que des banques

Barres proportionnelles au nombre d'établissements. Source : liste BCEAO au 31/12/2025.

3. Analyse pays par pays — fiches détaillées

Côte d'Ivoire 33
Banques
29
Étab. financiers
4
Part UMOA
20,5 %
Premier marché bancaire de l'UMOA à parts égales avec le Sénégal. Plus de 7 millions de comptes bancaires en 2024 — le plus grand parc de comptes de la zone. Hub régional avec de nombreuses têtes de groupes bancaires panafricains (Orabank, UBA, Ecobank...). Plusieurs banques ivoiriennes ont essaimé dans d'autres pays membres via succursales ou filiales (BDM-CI, Coris-CI...).
Sénégal 33
Banques
29
Étab. financiers
4
Part UMOA
20,5 %
Co-premier marché avec la Côte d'Ivoire. Siège de la BCEAO à Dakar. Forte présence des groupes internationaux (Société Générale, BNP Paribas via BICIS, Attijariwafa Bank, BPCE). Le Sénégal accueille également plusieurs filiales de banques régionales (BCI-Mali, Orabank-CI...). Marché le plus ouvert aux fintechs : 11 des 31 EP agréés dans l'UMOA y sont domiciliés.
Burkina Faso 20
Banques (estimé)
~17
Étab. financiers
~3
Part UMOA
12,4 %
Troisième marché de l'UMOA à parts égales avec le Niger. Berceau de groupes bancaires panrégionaux : Coris Bank International (CBI), dont le siège est à Ouagadougou, a essaimé dans 4 autres pays (CI, Mali, Togo, Niger). La Banque de l'Union-Burkina est une filiale de la BDM malienne. Contexte sécuritaire depuis 2022 — certaines banques ont ajusté leurs réseaux d'agences dans les zones de conflit.
Niger 20
Banques (estimé)
~12
Étab. financiers (élevé)
~8
Part UMOA
12,4 %
Se distingue par un nombre relativement élevé d'établissements financiers non bancaires, selon la BCEAO elle-même. Ce profil s'explique par l'importance cruciale des transferts de fonds de la diaspora nigérienne : des structures spécialisées comme NITA, Al-Izza, Amana ou Zeyna répondent à une demande de services de transfert que les banques classiques couvrent insuffisamment.
Mali 17
Banques (estimé)
~14
Étab. financiers
~3
Part UMOA
10,6 %
La Banque de Développement du Mali (BDM-SA) est un acteur panrégional atypique : banque malienne, elle contrôle des filiales en Côte d'Ivoire (BDM-CI) et au Burkina (BDU-BF), et des succursales au Sénégal et au Togo. INTOUCH Mali a reçu son agrément d'établissement de paiement. Le contexte politique post-2021 a limité les nouvelles implantations étrangères.
Togo 17
Banques (estimé)
~14
Étab. financiers
~3
Part UMOA
10,6 %
Lomé accueille le siège de plusieurs institutions financières régionales (BOAD, Ecobank Transnational Incorporated). Le Togo est un hub financier régional malgré sa petite taille économique. Coris Bank International-Togo (CBI-Togo) est une filiale de CBI Burkina — illustration de l'intégration bancaire régionale. Trois établissements de paiement agréés au 28 février 2026.
Bénin 15
Banques (estimé)
~12
Étab. financiers
~3
Part UMOA
9,3 %
14 banques agréées avec un taux de bancari­sation en progression constante. Cotonou est le lieu de signature de plusieurs textes fondateurs de l'UMOA — la Décision n°19 sur le taux d'usure 2026 y a été adoptée en décembre 2025. La CBAO (groupe Attijariwafa) opère une succursale au Bénin. Deux établissements de paiement agréés dans le pays.
Guinée-Bissau 6
Banques
6
Étab. financiers
0
Part UMOA
3,7 %
Parent pauvre du système bancaire UMOA avec seulement 6 banques et aucun établissement financier spécialisé, pour un pays de près de 2 millions d'habitants. Ce ratio traduit un sous-développement financier structurel avec ses conséquences : exclusion financière massive, difficultés d'accès au crédit pour les entrepreneurs, dépendance aux circuits informels. Orabank-CI y possède une succursale. Un seul établissement de paiement agréé au 28 février 2026.

4. Les 22 succursales — l'intégration bancaire régionale en chiffres

Sur les 136 banques agréées dans l'UMOA, 22 sont des succursales — c'est-à-dire des établissements sans personnalité juridique propre, dépendants d'une maison-mère agréée dans un autre État membre. Elles illustrent concrètement le principe d'agrément unique institué en 1998, qui permet à une banque agréée dans un État membre de s'installer librement dans tout autre État de l'UMOA.

Principaux groupes bancaires panrégionaux présents par succursales (liste non exhaustive)

Groupe / Banque Pays d'origine Succursales dans l'UMOA
Orabank Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 5 succursales : Burkina, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal — leader régional
CBAO Groupe Attijariwafa Bank Sénégal / Maroc 3 succursales : Bénin, Burkina, Niger
Coris Bank International (CBI) Burkina Faso 1 succursale au Niger + 3 filiales (CI, Mali, Togo)
Banque de Développement du Mali (BDM) Mali Succursales au Sénégal et au Togo + filiales en CI et Burkina
Orange Bank Africa Côte d'Ivoire 1 succursale au Sénégal
SAFCA / Alios Finance Côte d'Ivoire 3 succursales : Burkina, Mali, Sénégal
Banque pour le Commerce et l'Industrie du Mali (BCI-Mali) Mali 1 succursale au Sénégal

Source : page Paysage Bancaire BCEAO (bceao.int). Les données sur les succursales sont issues du paysage bancaire BCEAO — certaines situations peuvent avoir évolué depuis la dernière mise à jour de cette page.

Agrément unique des banques — rappel du dispositif. Depuis le 1er janvier 1999, toute banque ou établissement financier dont le siège est dans un État membre de l'UMOA peut s'installer dans tout autre État membre sans solliciter de nouvel agrément. L'installation peut se faire sous forme de succursale, d'agence ou de filiale. Pour les succursales, une dotation équivalente au capital minimum requis est exigée (1 milliard FCFA pour les banques, 300 millions pour les EFC). Ce principe ne s'applique pas aux établissements de paiement — chaque pays requiert un agrément séparé.

5. Le Niger : le cas des établissements financiers non bancaires

La BCEAO signale explicitement que le Niger « se distingue par un nombre relativement élevé d'établissements financiers non bancaires ». Ce phénomène mérite une analyse.

Les établissements financiers à caractère bancaire (EFC) sont des établissements de crédit qui ne sont pas des banques — ils effectuent à titre de profession une ou plusieurs opérations de banque, dans des limites définies par leur agrément, mais ne peuvent pas recevoir des dépôts du public à vue ou à moins de deux ans. Ce sont typiquement des sociétés de crédit spécialisées, des établissements de crédit-bail, des sociétés de cautionnement, des structures de transfert de fonds formalisées.

Dans le cas du Niger, ce profil atypique s'explique par plusieurs facteurs :

  • L'importance des transferts de la diaspora : des structures comme NITA (Niger Transfert d'Argent), Al-Izza, Amana ou Zeyna répondent à une demande massive de services de transfert que les banques classiques couvrent insuffisamment. Ces entités, formalisées en EFC, sont agréées pour des services spécifiques ;
  • Le sous-bancarisation de la population : pour une population rurale dispersée sur un vaste territoire sahélien, les établissements spécialisés sont parfois plus adaptés que les banques généralistes ;
  • L'attrait de créneaux de niche : crédit automobile, équipement agricole, garanties pour PME — des segments que les banques universelles délèguent volontiers à des EFC spécialisés.

6. La concentration bancaire : Côte d'Ivoire et Sénégal cumulent 41 %

La donnée la plus structurante de ce recensement est la concentration extrême du système bancaire UMOA sur deux marchés. Côte d'Ivoire et Sénégal accueillent ensemble 66 des 161 établissements de crédit, soit 41 % de l'effectif de l'Union, pour deux pays qui représentent ensemble environ 35 % de la population de l'UMOA.

Indice de densité bancaire — établissements de crédit pour 10 millions d'habitants (estimation)

Pays Population estimée (millions) Étab. de crédit Étab. / million hab. Lecture
Sénégal ~18 33 1,83 Élevé
Togo ~9 17 1,89 Élevé
Côte d'Ivoire ~28 33 1,18 Bon
Bénin ~14 15 1,07 Moyen
Burkina Faso ~24 20 0,83 Faible-moyen
Niger ~27 20 0,74 Faible
Mali ~23 17 0,74 Faible
Guinée-Bissau ~2 6 3,00 Élevé (mais abs. faible)

Estimations de population basées sur les projections démographiques 2025. Le ratio établissements/million d'habitants mesure la densité de l'offre institutionnelle, non le taux de bancarisation effectif de la population.

Interprétation du ratio Guinée-Bissau. Le ratio élevé de la Guinée-Bissau (3 établissements par million d'habitants) est trompeur : avec seulement 6 banques pour 2 millions d'habitants, le pays reste le moins bancarisé de l'UMOA en termes d'accès effectif de la population. Un ratio élevé sur petit périmètre peut masquer une concentration urbaine totale et une absence quasi-totale de services bancaires en zones rurales.

7. Au-delà des 161 : le paysage financier élargi de l'UMOA

Les 161 établissements de crédit ne représentent qu'une partie du système financier de l'Union. Le paysage financier complet au 31 décembre 2025 comprend :

Catégorie Nombre Source / Date
Banques 136 (dont 22 succursales) BCEAO — liste au 31/12/2025
Établissements financiers à caractère bancaire 25 BCEAO — liste au 31/12/2025
Compagnies financières 20 (dont 16 holding + 4 intermédiaires) CB-UMOA — au 31/12/2025
Établissements bancaires d'importance systémique (EBIS) 32 au plan national CB-UMOA — fin décembre 2025
Établissements de paiement agréés 31 BCEAO — au 28/02/2026
Institutions de microfinance (grandes) ~300 BCEAO — supervisées CB-UMOA
Services financiers via mobile (déploiements) 70 CB-UMOA — au 31/12/2025
Comptes bancaires ~24 millions Financial Afrik — estimation 2025

8. Tendances et lecture analytique

8.1 La consolidation régionale par les succursales

Les 22 succursales répertoriées illustrent une tendance structurelle : les groupes bancaires panafricains établis dans les économies leaders (Côte d'Ivoire, Sénégal, Burkina) étendent leur empreinte régionale via des succursales plutôt que des filiales, ce qui leur évite de devoir constituer un capital social distinct dans chaque pays d'accueil. Orabank Côte d'Ivoire, avec 5 succursales dans 5 pays différents, est le symbole le plus marquant de cette stratégie d'expansion régionale intégrée.

8.2 La dynamique du Niger — un marché spécialisé sous-estimé

Le profil singulier du Niger (nombre élevé d'EFC par rapport aux banques) traduit une réalité économique spécifique : un marché où les services de transfert de fonds structurés ont précédé le développement bancaire classique. Pour les acteurs qui cherchent à entrer sur le marché nigérien, la stratégie EFC spécialisé peut être plus pertinente qu'une implantation bancaire généraliste.

8.3 La Guinée-Bissau — un marché en besoin structurel

Six banques pour un pays de 2 millions d'habitants constitue une concentration institutionnelle urbaine — essentiellement à Bissau — avec une quasi-absence de services bancaires dans les régions. L'inclusion financière y passe davantage par la microfinance, les EME et désormais PI-SPI que par les banques classiques. La présence d'une succursale Orabank est un élément structurant positif, mais insuffisant pour couvrir le territoire.

8.4 L'écosystème financier numérique prend de l'ampleur

Au-delà des 161 établissements de crédit traditionnels, l'UMOA compte désormais 70 déploiements de services financiers via la téléphonie mobile, dont 49 portés par des banques en partenariat avec des opérateurs télécoms et 18 par des EME. Avec 24 millions de comptes bancaires en 2025 (contre 22,2 millions en 2024), la croissance de la bancarisation dépasse celle du nombre d'établissements physiques — signe que la digitalisation accélère l'inclusion sans multiplier les agréments.